Coup de cornes.
Aujourd'hui, je vais vous parler de la tauromachie. Je ne cherche pas à vous faire prendre position. Je sais pertinemment que la grande majorité d'entre vous sont contres. Mais, j'ai envie de vous parler de ça.
J'ai assisté à une corrida dans ma vie. Je pars du principe que si tu n'as pas vu, tu ne peux pas critiquer correctement. J'ai vu. Je peux vous assurer que cela restera gravé dans ma mémoire et que je n'y remettrai pas les pieds deux fois.
Pour ceux que ça intérésse, je vais vous raconter brievement comment ça se passe.
Tout d'abord, la corrida est pratiquée principalement en Espagne, au Portugal (ou la mise à mort est interdite devant public), dans le sud de la France, et en Amérique latine. Parfois même dans certains Etats des Etats-Unis d'Amérique. Moi, je vous parlerais de celle que j'ai vu. C'est à dire la tauromachie espagnole ou la mise à mort est acceptée (voire même évidente).
Chaque corrida représente 6 taureaux (la plupart du temps). Chaque corrida se déroule en trois phases (appellé Tercios).
La musique résonne, les portes s'ouvrent, le taureau va faire son entrée. Vous connaissez tous la chanson de Francis Cabrel "corrida", je ne l'écoute plus de la même façon maintenant.
Il entre dans l'aréne, magnifique taureau, plein de muscles, plein de vitalité. C'est un beau taureau noir avec d'énormes cornes. Il ne comprend pas ce qu'il se passe. Il est acclamé. Les cris, l'aréne, la musique, il est perdu.
Démarre alors le premier tercio. Trois petits hommes excitent le taureau avec leurs capes roses. Mais, dés que le taureau charge, ils se ruent vers de petits enclos. Eux peuvent le faire, pas le taureau. Ils ont pour but de deviner les qualités et défauts du taureau.
Etant débousolé et surtout énervé par ces petits hommes, les picadors entrent. C'est l'une des parties que j'ai le plus détesté. C'est le deuxiéme tercio.
(Les picadores sont des matadors à cheval. Ils sont deux et ne doivent pas entrer au centre de l'aréne. Ils restent donc sur les côtés (afin, je pense de proteger les risques pour le cheval). Bien évidemment, le taureau, à la vue de ces deux chevaux, énérvé, leur rentre dedans direct ! Les chevaux sont soit-disant protégé. Ils ont les yeux bandés (pour éviter qu'il panique à la vue du superbe taureau chargeant sur eux), et une sorte de matelas autour de lui (je saurais plus tard que c'est franchement pas épais))
Le taureau, systématiquement, leur rentre dedans et se coince toujours les cornes dans la protection (en éspérant que ce ne soit pas dans le cheval). L'aréne hurle, siffle, pour qu'on écarte la bête des chevaux. Oui, les chevaux eux, faut pas les toucher ! Alors, le matador, équipé d'une longue brochette (n'ayons pas peur des mots) de plus de 2m, enfonce celle-ci entre les homoplates de la bête noire. La premiére fois cela ne m'a pas choquée, je me suis simplement dit : il faut qu'il écarte le taureau. Mais, taureau aprés taureau, les détails apparaissent. Lorsque le picadors fait cela, il prépare en fait l'ouverture (si on peut dire ça comme ça) pour les autres. Il creuse un trou, le sang gicle (je suis navré de ces détails mais bon, je ne vois pas comment vous le narrer autrement). De loin... on voit rien... de prés... c'est pas regardable.
Ceci étant fait, les chevaux resortent de l'aréne et laissent place aux Banderillos. Musique ! Ceux là sont ceux à capes roses du début mais cette fois ci, équipés de banderillas (des brochettes longues de 50cm). Ils sont trois et chacun leur tour, enfonce deux brochettes dans le taureau. Encore du sang. Ils ne le font pas n'importe comment. Une dans chaque main, ils doivent les rentrer en même temps et d'un coup vif.
Le taureau a donc à la fin de ce tercio, six banderillas dans le dos. Cela étant pour ne plus permettre au taureau de lever la tête.
Musica ! Troisiéme tercio, le matador entre. Alors lui, c'est LE pro, c'est le plus acclamé, c'est celui qui est le plus payé (oui oui car rassuez-vous, ils sont excellement bien payés), c'est celui qui a le plus de classe avec ses habits de lumiére. Avec sa cape rouge, il fait danser le taureau. Ce moment là est vraiment joli. Son costume est beau, il brille, ses gestes sont lents ou rapides, mais trés précis. Le taureau frôle le matador. On a vraiment l'impression qu'ils dansent ensemble. La musique ne s'arrête d'ailleurs pas pendant. Puis, arrivent un moment ou la musique s'arrête net (il y avait d'ailleurs, non loin de moi, un aficionados qui n'avait de cesse de répété "musica !!"). Cette fin donne le signal au matador : Tue-le ! Alors, ce jeune homme, trés élégant, continue de jouer de sa cape et dégaine une brochette (bon désolée, cela porte un nom, mais visuellement c'est une brochette !). De la même façon, il doit la planter entre les homoplates du taureau. Mais déguisé sous la cape. Une fois fait, la musique reprend. L'aréne applaudit le matador et il sort de l'aréne.
Là, je comprenais pas, le taureau était debout, il s'est assis. Mais, il était toujours en vie ce pauvre taureau (normalement, il meurt avec le matador mais souvent il n'est pas mort). Je pensais que c'était la fin... A ce moment là, les trois petits hommes reviennent... Et l'un des trois, équipé d'un petit couteau, lui rentre d'un coup sec dans la tête pour l'achever. (J'ai assisté à des rattages. Le matador n'arrivait pas à le tué de ce coup sec, une fois, deux fois, trois fois, rien ! Le taureau toujours assis ! Il se fait huer par toute l'aréne et là, le taureau se reléve ! Je vous jure que j'étais contente ! L'aréne a acclamé ce taureau. Ce qui est ridicule puisque de toute façon.. la fin serait la même.)
Enfin, le taureau couché, mort sur le sable, est trainé (oui trainé !) par deux chevaux tout autour de l'arêne. Ceci dans le but de montrer que le taureau est bel et bien mort !
Je suis confuse de vous livrer un article gore comme celui-ci mais je suis restée traumatisée. Autant ce sont des taureaux qui sont élevés dans ce but, autant ils meurent d'une façon artistique, autant c'est franchement difficile à regarder. Ce pauvre taureau, qui n'a rien demandé à personne, meurt gratuitement. L'homme, animal supérieur.
Pourquoi sont-ils obligés de le faire souffrir ? (Soit-disant le taureau ne souffrirais pas. Etant un animal de combat, il est tellement énervé, il se bat et donc ne ressent pas la douleur) Pourquoi le tuer ? Pourquoi tant de cruauté ? Pourquoi tant de fan ? Pourquoi tant de gens pour voir ce sang, cette mort ? Pourquoi tant d'argent sur la mort ?
A la fin, je n'avais qu'une envie, que le taureau se reléve et tue les matadors ! Vous rendez-vous compte de l'effet que ça a eu sur mon cerveau ?! J'ai pleuré pour le premier taureau, le deuxiéme, je l'ai regardé du coin de l'oeil et je suis partie. Ne pouvant plus regarder ce spéctacle de la mort.
Je ne suis pas contre la corrida. A mes yeux, seules la souffrance et la mort du taureau me gêne. Tout le reste étant trés élégant. De plus, la corrida fait partie intégrante de la culture espagnole.
PS : Mon article est trop long, ne lisez pas !
Coups Mentaires